Le dispositif Pesticides

 

Le suivi national du niveau d'imprégnation de fond des pesticides dans l'air ambiant

 

Un dispositif national pérenne unique pour documenter les concentrations en pesticides dans l'air ambiant

Depuis juillet 2021, un suivi national pérenne des pesticides dans l’air ambiant a été mis en place dans l'ensemble des régions françaises (métropole et DROM). Ce suivi s’inscrit dans la continuité d’une première campagne nationale exploratoire de mesures des résidus de pesticides (CNEP) dans l’air ambiant, réalisée en 2018/2019. Cette campagne, fruit d’une collaboration étroite entre l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), les Associations agréées pour la Surveillance de la Qualité de l'Air (AASQA) et le Laboratoire central de surveillance de la qualité de l’air (LCSQA) en cohérence avec les objectifs des politiques publiques nationales, notamment le plan national santé environnement (PNSE 3) et le plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques (PREPA) afin de documenter, de façon harmonisée, les niveaux de concentration en résidus de pesticides dans l’air ambiant, hors situation de proximité ou d'influence directe d’une seule culture.

L’objectif de ce suivi national pérenne est de suivre, au fil des ans, l’évolution du niveau d’imprégnation de fond en résidus de pesticides dans l’air ambiant à partir de l'état initial établi lors de la CNEP. Il repose sur 18 sites de mesures, à raison d'un site par région, sélectionnés pour être représentatifs d’un bassin de vie (> 20 000 habitants dans un rayon de 5 km en métropole) et d’un niveau d’imprégnation de fond (distance du site de mesure à la première parcelle > 200m). Dans les DROM, des critères adaptés sont appliqués pour tenir compte des spécificités territoriales. Par ailleurs, les sites sont répartis entre différents profils agricoles afin d’être représentatifs du taux de couverture des surfaces agricoles.

 
 
Carte profil agricole principal-avec site glypho
Choix des sites et profil agricole en comparaison avec le type d'occupation des sols (Corine Land Cover 2018)

 

Coordonné par le LCSQA, ce dispositif est financé par le ministère en charge de l’environnement (direction générale de l’énergie et du climat / bureau de la qualité de l’air), au moyen de subventions annuelles versées aux AASQA ainsi qu'aux membres du LCSQA.

Les prélèvements sont mis en œuvre directement par les AASQA tout au long de l’année sur les différents sites du dispositif. Les analyses chimiques sont confiées par les AASQA à leur laboratoire prestataire. Après une phase de validation des données par les AASQA, les résultats sont bancarisés dans Geod’air, la base de données nationale de la qualité de l'air.

 

Une liste de pesticides recherchés d'intérêt national

La liste des pesticides recherchés, qui comprend 75 substances à ce jour, fait partie du référentiel technique national (RTN) géré par le LCSQA. Elle a été établie sur la base des travaux menés par l’Anses, publiés en septembre 2017[1], en réponse une saisine visant à proposer une liste de substances actives méritant d’être prioritairement surveillées dans l’air ambiant. Ces travaux ont conduit à la constitution d’une liste initiale de 90 substances actives, jugées prioritaires ou hautement prioritaires à rechercher dans l’air ambiant.

Parmi ces substances, dix ont été exclues de la liste de pesticides à rechercher en raison de leurs spécificités physico-chimiques qui nécessitent des développements analytiques lourds ainsi que des dispositifs de prélèvements dédiés. Cinq autres substances n’ont pas été retenues, les tests de capacité de piégeage réalisés ayant montré qu’elles n’étaient pas ou très faiblement piégées sur les supports de prélèvements utilisés.

 

Une méthodologie fondée sur un travail métrologique consolidé dans le temps

Le LCSQA et les AASQA travaillent en étroite collaboration depuis le début des années 2000 sur le développement et l'harmonisation des méthodes de prélèvement et d’analyse destinées à la mesure des pesticides dans l’air ambiant. Ces travaux ont conduit en 2007 à la parution de 2 normes expérimentales françaises : XP X 43-058 « Air ambiant - Dosage des substances phytosanitaires (pesticides) dans l’air ambiant - Prélèvement actif » et XP X 43-059 « Air ambiant - Dosage des substances phytosanitaires (pesticides) dans l’air ambiant - Préparation des supports de collecte - Analyse par méthodes chromatographiques ».

 

 Systèmes de prélèvement mis en œuvre dans le suivi national

Systèmes prelevement haut et bas volumes
à gauche : préleveur haut volume pour les substances polaires ; à droite : préleveur bas volume pour les substances organiques apolaires
Cartouche de prélèvement
Cartouche de prélèvement

Ces deux normes ont été remplacées par la nouvelle norme X 43-082 « Air ambiant – Dosage de substances phytosanitaires (pesticides) dans l’air ambiant », publiée en avril 2026. Cette norme est issue de travaux engagés en 2023, visant à intégrer les retours d’expérience des différentes campagnes nationales et à faire évoluer ces documents vers le statut de norme française. La réalisation de tests de capacité de piégeage est ainsi identifiée comme une étape essentielle pour vérifier que les substances recherchées sont correctement retenues sur les supports de prélèvement, dans des conditions représentatives d’un usage sur site.

A ce titre, une compilation des résultats des essais de capacité de piégeage réalisés jusqu’en 2025 est désormais disponible. Elle regroupe les résultats obtenus pour 200 pesticides, dont les 75 pesticides d’intérêt national (PIN), à partir d’essais conduits par le LCSQA dans le cadre de son programme de travail, de projets spécifiques (Ecophyto, Anses, etc.) et par les AASQA. Ces essais ont été réalisés sur des préleveurs à bas volume (LVS) et/ou à haut volume (HVS), selon différentes conditions de débit, de durée et de concentration.

A télécharger :

 

 

Télécharger les résultats des tests de capacité de piégeage des pesticides

Par ailleurs, dans le cadre du dispositif de contrôle et d’assurance qualité, le LCSQA organise régulièrement des comparaisons inter-laboratoires analytiques dédiées aux pesticides, afin d’évaluer et de consolider les performances des laboratoires d’analyse impliqués dans la surveillance de l’air ambiant.