Les objectifs de cette étude sont doubles :
- Faire l’état des lieux des techniques d’analyse automatiques du formaldéhyde existantes, aussi bien commerciales qu’issues de développement au sein de laboratoires.
- Evaluer l’efficacité de tels analyseurs en atmosphère simulée (essais en chambre d’exposition) et en atmosphère réelle (essais de terrain)
Depuis juin 2004, la toxicité du formaldéhyde, composé largement utilisé dans l’industrie (papeterie, photographie, le tannage du cuir, fabrication de colles, d’engrais, de teintures, d’explosifs…) a été réévaluée à la hausse par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) et est ainsi passée de « cancérogène probable » (groupe 2A) à « cancérogène certain chez l’homme » (groupe 1).
C’est pourquoi il semble indispensable de déterminer les niveaux de concentration de ce polluant, en air extérieur mais surtout en air intérieur où la population y est particulièrement exposée.
Au cours de l’année 2007, des travaux portant sur la mesure du formaldéhyde par tube passif et actif et sur l’efficacité de l’emploi d’un filtre à ozone sur la réduction de l’artefact négatif exercé par cet agent oxydant ont été menés.
A la fin de l’année 2007, une campagne de mesure mettant en jeu les mêmes outils a été menée dans un Etablissement Recevant du Public. C’est un centre commercial qui a été choisi en raison des concentrations élevées qui peuvent y être rencontrées.
Les travaux proposés pour l’année 2008 se déclinent selon deux aspects:
1- Etat des lieux des techniques d’analyse du formaldéhyde en continu :
Cette étude s’inscrit dans la continuité d’une étude bibliographique menée par l’INERIS sur les techniques analytiques et les niveaux de concentrations communément mesurées en air intérieur et extérieur. Cette étude avait mis en valeur l’état lacunaire des connaissances et des études en terme de comparaison entre les techniques dites classiques de mesure du formaldéhyde (prélèvement actif et passif) et les techniques en continu.
Ce travail dressera un panorama des analyseurs disponibles dans le commerce et des techniques développées au sein de laboratoires de recherche, et s’intéressera aux appareils « indicatifs » simples dont l’utilisation semble se développer et qui pourraient s’avérer utiles pour la mise en évidence de sources.
Ce travail permettra également d’identifier des perspectives concernant les milieux à étudier et les moyens à mettre en œuvre en vue de comparaisons avec d’autres techniques, ouvrant ainsi la voie à la deuxième partie des travaux proposés pour 2008.
2- Etude métrologique en conditions simulées et réelles
Des études en conditions simulées, dans la chambre d’exposition de l’INERIS, sont prévues pour évaluer les performances d’analyseurs en continu, en comparaison avec les méthode de prélèvement actif sur cartouche de DNPH.
Par ailleurs, des écarts entre 20 et 30 % ont été observés entre les résultats donnés par les tubes passifs et les tubes actifs pour la mesure du formaldéhyde et de l’acétaldéhyde lors des essais menés en 2007 (les écarts pouvant aller jusqu’à 150 % pour les autres aldéhydes), en chambre d’exposition et sur le terrain, pour des temps d’exposition court (8 et 24 heures).
Cette observation suggère la nécessité de définir parfaitement les domaines d’utilisation des cartouches passives. Ainsi, des essais sont prévus en 2008 sur des temps d’exposition plus longs, et dans des conditions de concentrations supérieures à
25 µg.m-3, les concentrations en air intérieur étant souvent supérieures à cette valeur.
Ces mêmes méthodes seront testées en atmosphère réelle lors d’une campagne de mesure menée dans un Etablissement Recevant du Public.
2) La métrologie
Collaboration
Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB)