Pollution de l’air dans le monde : le respect des normes mondiales des particules fines (PM 2.5) conduirait à éviter 750 000 décès
Selon une étude intitulée « Addressing Global Mortality from Ambient PM2,5.” publiée par des chercheurs nord américains en juin dernier dans la revue Environmental Science & Technology, environ 750 000 décès pourraient être évités dans le monde chaque année si les normes de pollution de l'air préconisées par l'OMS étaient respectées. Au total, la pollution atmosphérique due aux PM2.5 est responsable de 3,2 millions de morts prématurées par an, dont 72% pour les seuls pays d'Asie.
Les chercheurs nord américains ont axé leur étude sur les particules fines en suspension dans l'air ambiant dont le diamètre est inférieur à 2,5 microns (PM2.5). D’après une étude portant sur la charge mondiale de morbidité (Global Burden Disease 2010), ces particules seraient responsables de 3,2 millions de morts prématurées chaque année.
L’analyse a été réalisée pour l’année de référence 2010, à partir de données de concentration de PM2.5 estimées sur l’ensemble du globe selon une résolution d’environ 10 km (données issues de modèles de chimie-transport et de données satellitaires) et de fonctions intégrées exposition-réponse (IER), développées spécifiquement pour le Global Burden Disease 2010. Fondée sur la modélisation de différents scénarios de réduction des concentrations de PM2.5 dans l’air ambiant, elle a pour objet de déterminer localement et à l’échelle du globe comment ces réductions pourraient avoir une incidence bénéfique sur le taux de mortalité dû aux PM2.5. « Nous avons cherché à déterminer de combien les différentes parties du monde devaient réduire ces particules pour abaisser la mortalité », a expliqué Joshua Apte, de l’université du Texas.
La majorité de la population mondiale est exposée à des concentrations atmosphériques de PM2.5supérieures à 10 μg/m-3(maximum souhaitable selon l'OMS), et dans certaines parties d'Inde et de Chine, ces concentrations dépassent 100 μg/m-3.
De manière générale, un programme drastique de réduction des PM2.5conforme aux recommandations de l’OMS permettrait d’éviter 750 000 (23%) des 3.2 millions de décès annuels actuellement attribuables à ce polluant. En tenant compte de l’évolution démographique, les chercheurs estiment que la Chine et l’Inde devraient réduire leur taux de pollution aux particules fines de 20 à 30% sur les 15 prochaines années à seule fin de maintenir constant leur taux actuel de mortalité attribuable aux PM2.5. Et pour réduire ce taux de mortalité de moitié, les pays les plus pollués devraient abaisser de 68% les concentrations de microparticules par rapport au niveau de 2010.Inversement, dans les régions relativement moins polluées comme les Etats-Unis et l’Europe, une réduction plus modeste (25%) des concentrations de microparticules suffirait à sauver un grand nombre de vies (500.000 par an), du fait de la démographie et de la non-linéarité des relations exposition-réponse.
Un programme efficace de lutte contre la pollution de l’air dans les régions du monde les plus touchées permettrait de réduire le nombre de décès prématurés de plusieurs centaines de milliers chaque année. Selon Joshua Apte, référent de l’étude, la méthodologie développée dans cette étude "pourrait aider à concevoir des stratégies pour protéger la santé publique".
En savoir plus : Lire l’étude « Addressing Global Mortality from Ambient PM2,5.” J. S. Apte et coll., revue Environmental Science & Technology, 16 juin 2015
Les PM 2.5peuvent pénétrer profondément dans les poumons, augmentant le risque cardiaque, d'accident vasculaire cérébral et de maladies pulmonaires comme l'emphysème et le cancer. Ces PM2.5proviennent de la combustion du charbon dans les centrales électriques, des gaz d'échappement automobiles et d'autres émissions industrielles. Dans les pays à bas revenus, elles sont surtout produites par des poêles à charbon ou au bois dans les habitations pour cuisiner et se chauffer.